samedi 19 octobre 2013

MORT AUX CONS,

Y'a des keums qui canent, j'en ai rien à cirer. Y'en a qui vont crever, j'chie d'dans. Mais lui, plus ça va, plus j'y pense. D'ailleurs, chais pas où l'mettre : Actus de merde qu'on en a rien à foutre (ADMQOEARAF), Culture, Delbor, Nouvelles du front, On n'est pas dans la merde, Quenelles!!!...
MORT AUX CONS!
Surtout pas que lui il était con, loin de là mais, les cons sont toujours là...
J'recherche dans les résidus de neurones qu'il me reste, 2... 3... Non, connard, pas 2-3 neurones qu'il me reste, (quoique), les 2-3 fois que je l'ai rencontré.
Forum Gavroche, je crois, annexe de l'UMP. Le B-A BA du forum d'avant. Contact car, un français qui vendait du malinois, qui plus est trafiquait avec l'armée thaie, ça c'était du scoop cocardier!
Attention! Je le connaissais pas fidèlement, pas en extase devant le djournaliste de Gavroche. Car il bossait pour Gavroche et pour AXA, y vendait des assurances. Je crois.
Ce que je vais raconter c'est ma vision des choses, avec mes approximations. Y'aura beaucoup de " je crois".
Donc, rencart à Bangkok pour une approche journalistique du phénomène. On se rencarde et on casse une graine, lui, Ot et moi dans un boui-boui de première, un resto à la thai de Bkk avec la peinture qui tombe sous les extases d'huile millénaires qui s'accrochent aux plafond. Ça m'va, c'est lui qui avait voulu. Pas plus couleur locale, non, plus dans l'feeling. Ah oui, Ot. un tapin que j'avais levé dans un bouge de bourge ( longue histoire!) Ot, un tapin à 15 000. Pour le ST... Et Ot, c'est pour ça que ça avait été chaud, malgré les 15 000, elle en avait rien à foutre du resto. Nature.
Ou Pro!
Et l'ôt' déboule en touk-touk, en costar, avec un attaché-case.
Mauvaise impression.
Très.
Paumés au milieu de nulle part à Bangkok, on est là, tous les trois, sur un trottoir tout ripou à se faire des salamaleks de nazes. Mais ses yeux me rappellent kèk'chose...
Resto, on commence à tchatcher sur les modalités du riport, de l'interview, de l'article.
Il s'excuse de son état nauséeux, il sort d'une disons, petite foire...
Pour soigner le mal? Par le mal! De la tisane et je suis!
Et là les langues se délient.
Héro, coke, shit, , beuh, op', LSD pour lui.
Moi?
La même, sans la coke mais avec les amphètes et, suprême de mes dieux, le speedball.
Pour les néophytes, speedball : mélange d'héro et de coke mais, dans mon cas, d'amphétamines.
Imagine...
C'est ce que je voyais dans ses yeux: les relents d'une vie antérieure de tox.
Bon, on a pas fait la teuf, on s'est quitté pour un nouveau rencart: la livraison à Pak Chong d'une fournée de bébés malinois à la Thai War Dogs Army.
Zobi!
 La deuze.
Gavroche lui payait pas le voyage, il était pas trop en thune pour raquer de sa fouille pour ce qu'ils lui payaient.
Pas grave, ses yeux...
Bleus je crois.

Mais, j'ai lu tout ses trucs, me suis marré, j'ai aussi pèfle : y fait quoi à Pattaya avec toutes ces crevures?
Quand on me causait de lui, je lui trouvais toutes les excuses : tu veux qu'il se frappe avec tous les expats? Il fait tourner un biz, faut être " commercial", y'a les amis, la famille de ces keums...
Pis fait pas chier: il faisait partie d'un monde de rêves et d'addiction auquel j'avais participé.
J'ai lu 2 fois son " suicide" en Indes.
Une fois à jeun, une fois raide.
Les deux fois, j'ai replongé. Comme tous les toxs, y'a des moments où tu veux en finir. La teuf, les rêves ne sont plus qu'un souvenir lointain.
Mais tu t'accroches, une ligne, un shoot, deux litres, demain, et tout ira mieux...
Tout ira bien.
Un crevard.
Raymond, Raymond Vergé était un crevard, comme moi, comme mes potes.
Il a cané, je crois, comme un crevard.
Pas une crevure, un crevard.
Y'a la rumeur qu'il se serait suicidé.
À donf' dans  le trip du farang qui se fait péter la tronche dans ce bled, ce pays qui te bouffe le cigare .
Putain Manao! Moi aussi, égoiste que je suis, j'aurais du te payer le trip à Pak Chong, j'y ai pas pensé. J'aurais du faire une tournée avec toi à Pattaya en tant que 2 affranchis.
Captagon, héro, tisane, plus la totale.
Mais non.
Ot est partie, toi t'es retourné dans ton Pattaya de princesses, moi au bled.
Un p'tit mail à la con, rarement .
Manao. Tout fier il m'avait, comme il a du le faire des centaines de fois, raconter son surnom-pseudo: les thais ne savent pas dire les -R-. Raymond devenait "Lémonn'. Lemon, le citron en anglais, manao en thai.
Je sais pas toutes les misères qui ont accompagnées sa descente, la dernière. Juste que d'après son mail, un enculé l'avait bien aider à partir comme un crevard. Le bout du rouleau, le dernier coton...
Le citron...
PUTAIN! Raymond! Le citron!
On en mettait aussi dans la petite cuillère, putain, le con!

Allez l'Citron, à pusse, pour s'exploser dans des paradis interdits aux crevures...

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