dimanche 18 décembre 2011
SAGA THAILANDA
Chat était donc le patron des "Thais war dogs'bidasses" qui gardaient la frontière lao-thai jusqu'au Cambodge.
But du jeu : tahan plus les clebs renifleurs: came, yab', héro et toutes ces subtilités.
Pour te dire la folkloritude thaie, un jour où j'ai rencard avec lui à Chang Mek, un des ses trouffions est en poste avec un BA ( berger allemand) de la série : la beut'. Explosif...
-Euh? Chat? Les labradors de ta bande, c'est pour la came, les BAs, pour les bombes?
-Khup pom mais, personne ne le sait!
DISSUASION...
Bref, Chat et sa troupe de bras cassés se plante devant le chenil sur le terrain. Deux générations de clebs, deux portées , au bas mot, 15 malinois qui courrent, gueulent, se foutent sur la tronche, aboient sur les militaires...
Un bordel que tu peux pas imaginer et, qui me fait toujours bander!
Sauf les lendemains de cuite...
Chat, y doit connaitre l'histoire française : il est en pose, un bras sur son gros ventre, un autre derrière le dos. Il se prend pour Napoléon. Et c'est con cette histoire car : un bras sur son gros ventre, un "AUTRE" derrière son dos? Non? Tu vois pas? Chat, il a beau être particulier mais, comme tout le monde, ou presque, il n'a que deux bras!
Laisse bèt'...
Il me lance THE regard vicieux à la Chat, un sourire et me dit :
-Malinoille!
Explication : ce sont des chiens originaires de la ville de Malines en Belgique. On dit : malinois. Même les ricains, qui en ont un paquet, disent : Malinoou-aa avec leur accent à la con. Mais, les thais sont les seuls au monde à dire : malinoille.
Dmag'linoi en viet, MaRRRlinoiser en chleu, Nardin malinois en arabe comme Rachid quand il se fait courser par les maitres chiens dans le trom.
Malinoille!
Bon, Chat, c'est son taf, il connait.
Il se tourne vers PiNan et lui dit :
-Ao beut.
Pi Nan se retourne vers moi et me dit :
-Ao beut!
J'ai dit à Pi Nan
-Bo daille...
Pi Nan dit à Chat :
-Bo daille!
Oh! Pi Nan, j't'aime bien mais, pousse-toi que je cause en direct à NapoléChat!
En fait, mon adjudant, c'est pas comme ça que ça se passe : y'en a à oim, que je garde, y'en a de vendus, y'en a que je donne. Le reliquat, quand j'aurai fait le compte, je l'offre gracieusement ( slurp) au Pathet Thai, tralalalalère. Surtout que la dernière portée n'était pas encore sevrée.
Ok, pas pressé! On boit une tisane et on tchatche avec Tchat!
Sympa, il m'invite quand je vais à Chang Mek au ravitaillement et visiter Pi Nan, à passer le voir à leur... Caserne? Campement? Bref, là où il squattent!
Alors, Chat est devenu un pote. Du coup, rien que pour lui, j'y ai donné une chienne. T'en fait ce que tu veux: tu la " pa som", tu la fourres toi-même, bref, t'as TON malinois !
Et, pendant deux piges, j'ai fait mes courses dans la zône tampon sans être emmerdé. Argh! La bonne époque! Je passais avec Chat par la grand'route, pas par le portillon des narvalohs. Il nous emmenait parfois dans le pick-up déglingué aux couleurs de la thai war dogs. On chargeait de produits lao au marché au fond, avant la vraie frontière, Gigi enquillait des dizaines d'orchidées, de la bouffe et moi, au duty free, des packs de côtes du Rhône et des bédas, des clopes à se défoncer les poumons!
Hein? Quoi? La came? Faut pas non plus déconner!
Chat m'avait aussi, lors d'une, encore, foire, présenté un des gros keuf de Chang Mek, en cas de contrôle de la volante, chargée comme la caisse l'était, valait mieux assurer!
Pis voilà! Toutes les bonnes choses ont une fin...
Un jour, Chat m'appelle. Il m'invite à une teuf sur le campement à Chang Mek.
Ce campement, c'était une maison en dur, avec des heures de route quand même, peintures écaillées, toiture plus ou moins trouée, pour le boss. Par contre, le chenil était toujours nickel! Propre, repeint régulièrement, les clebs étaient logés à la cool.
Les bidasses? Des cabanes en bambous, faites avec de la récup'. Une cuisine très aéré, dehors, quoi... Avec une montagne de boutanches de toutes sortes qui attendait preneur, signe des foires que Chat organisait pour ses troupes.
Et justement, je me rends à la, misère, dernière. Après des dizaines d'années à surveiller les frontières birmane, kmher, malaise et enfin lao, Chat allait rentrer définitivement chez lui. Avec , à la clef, le grade de colonel!!!
Après son départ, j'y suis retourné quelques fois. Beurm, son successeur, c'était pas ça : son trip, c'était les meufs, Jamais là, toujours sur un plan cul. J'ai donc laissé tomber Chang Mek. Mais, j't'assure, que les trouffions le pleuraient, ce gros mort!
Exemple: sa fête d'adieu a durée... trois jours!
J'étais au premier. J'ai pigé l'orgie quand, me garant dans le campement, j'ai vu le premier camion qui déchargeait la tisane. J'ai attaqué, dix heures du matin avec du Johnny Black que Chat avait ramené du Laos. Puis, à déboulé le camion de sono, un autre pour la bouffe, des porcs vivants et une vache!
Et enfin, cerise sur le tam bakou, un camion, en provenance directe du Pathet Lao remplie de petites laotiennes qui allaient, les pauvres, se faire défoncer le citron pendant trois jours par une bande de huns thais, déchirés, crades et vomissants!
Sur les coups de quatorze heure, j'ai fait une sieste réparatrice... Trois-quatre godets pour la route et, je suis rentré ( 60 bornes), raide dèf' mais surtout triste...
Une très chaude page de l'histoire de cette frontière venait de se tourner.
Quand je descends à Bangkok en caisse, je ne manque jamais de m'arrêter à Pak Chong pour saluer mon pote Chat.
Deux jours...
Un pour se goinfrer, un autre pour récupérer.
Chat est content. Sa mia noi, la même qu'à Chang Mek , installée pas trop loin, la maison familiale à 500 mètres, la thune d'un colon, un bureau à lui tout seul.
Mais, des fois, qu'il m'avait dit, il a le blues. Car, il m'en a raconté de ses putains d'histoires.
Vâlâ-vâlâ...
Pour finir cette "aventure", des tofs de la première livraisons de malinois pour la "Thai War Dogs Army" de Chatounet.
Il m'a dit que des chiens de chez moi étaient au déminage dans le sud et, que, le malinois que tu vois à Souvanaboumboum, a été dressé à Pak Chong et vient du bled.
Si ça s'trouve, va savoir la vie, j'vais plonger un de ces jours, pour trente piges de placard, pour trafic de came, dépisté par un de mes chiens!!!
Ben quoi?
Ces keums, z'étaient pas à Ratchapasong, ni mes clebs d'ailleurs. Et, qu'aurais-je pu y faire?
J'ai pas utiliser mes "relations" pour me la pêter. Juste, Vichien est venu me dépanner, avec 4 de ses hommes, a pousser la caisse dont j'avais décharger la batterie, sur le parking de l’aéroport d'Ubon.
Chat, m'a sorti d'une grosse merde en un coup d'bignou :
En allant chez mia noi, un militaire soul me percute à l'arrière alors que j'allais tourner. Je ramasse le keum, il a l'épaule déboitée. Je vire sa bécane et me gare. Il se tors de douleur, je connais! Par 2 fois....
Il téléphone et, en gros, ça donne ça :
Démerdez-vous, venez me chercher, un fils de pute de farang m'a mis par terre.
À moi, il me dit :
-On va s'occuper de toi, je suis militaire à Warin...
Putain, à cause de ce trou du cul bourré, je vais me faire défoncer!
J'appelle vite fait Vichien.
Le fils de sa mère à coupé son téléphone!
Sak... SAK!
Non, on va finir la corde au cou...
Je fais défilé les contacts, Gigi pour lui dire adieu, mais non!
CHAT!
À 400 bornes d'Ubon, je lui explique le truc :
-Passe-moi le tahan.
J'te jure, le mec prend le téléphone, se lève, se met au garde à vous, khupkhupkhup!
Il me redonne le combiné, Poupan veut te parler :
-Djo, donne-lui 2000 teubas et rentre chez toi.
Khop khun, na tchave...
Allez, une dernière.
Après la réception officielle de la remise des chiens à l'armée, on s'tape un kawa dans le bureau du chef de régiment. Ils, Chat et lui, prépare la soirée officieuse .Chat, le professionnel énumère les festivités: resto, bouge, karak, kao tom kai kèm aux petites heures du matin.
Ça a l'air cool.
Dans le bureau, sirotant le café j'ai un coup de téléphone : mon lardon pleure au téléphone :
-Papa, reviens vite, y'a Momo ( le keum à ma fille) qui l'a tapé, qui m'a mis une baffe car je le mordais et Maman est bloquée au bled!
Histoire de famille...
Je gueule que j'arrive de suite ( 400 bornes) et mes 2 interlocuteurs me demandent quiquequoi.
Explique, désolé, me casse!
Le big boss me demande alors :
-Tu en veux combien?
Moi :
-???
Lui:
-Combien de soldats?
Moi:
-Pour quoi faire?
Lui:
-Pour t'accompagner!
Moi:
-??? Merci, vraiment, ça me touche mais, je me démerde tout seul!
Chat a fait la moue, genre, il est trop con ce farang de laisser une teuf comme ça de côté, Big Boss m'a serré la pince avec un dernier : good luck et j'me suis cassé.
Celle-là, juste pour cette bande de connards qui sniffe la Thailande mieux que les autres et, pour le-les trous du cul qui croient que j'ai besoin des keufs pour me débarrasser d'un narvaloh innocent.
JE VOUS EMMERDE BANDE D'INVERTÉBRÉS!!!!
Pour Raymond, qui lui me fait marrer, la suite , bientôt :
Pattaya, y'a trente ans.
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