CULTURE.
Putain! Je rêve? L'autre connard de Joel nous sort une rubrique " culture"! Il a pété un plomb, il est devenu intello, y se shoote au Djack Lang! Faut prendre les mesures adéquates, prévenir la SPA, Freud, St Anne, Monsieur Subutex et Helmutski III, le cur'ton en chef!
Mais qu'est-ce qu'il se passe-t-il donc?
Merde!
Voilà! Comme mes amis les gogols de l'internet franco-thai, je profite d'une rubrique :"culture" pousser un "billet d'humeur" ou, écrire un "coup de gueule"!
Car, c'est un scandale ( Geoges Marchais, 1920.-1997)., une honte, une aberration, et personne ne semble s'en soucier. Tous rien à foutre!
Alors, en solo, onanistement, je vais intervenir, utiliser toute mon énergie afin de rétablir l'ordre moral, toutes ces valeurs inhérentes à ce beau pays qu'est la Thailande. Tout ce qui fait bander notre ami belge du forum thai-issan!
Je vais lancer une pétition internationale, je vais prévenir Nicolas, Jacques et Eva. ( Johnny est trop occupé), je m'en vais alerter l'ONU et surtout l'UNESCO!
Putain! Tout fout l'camp...
J'vais chercher la caisse claire,la charleston de la batterie du môme qu'il a prêté à son pote. Pour le retour, il me dit : passe par là et, la première à droite, tu retrouves la route du bled.
OK, ciao et pillave pas trop!
Alors...
Comme David Vincent, au détour d'un chemin, j'ai le flash : je connais cet endroit. Ben non, David y connaissait pas!
Mais... Mais... Bon sang mais c'est bien sur! C'est la route du Karak-Zoo!!!
Et là, misère, j'en ai des frissons qui me descendent dirèque au cul, z'ont fait comme le Nico cher au corps, au larfeuille et au sguègue de Vichien...
La même... Ils ont... Osé, ils ont destroy le KARAK-ZOO!!!
Ce haut lieu, ce monument, ce Louvre de la culture thailandaise!
Rasé. Atomisé. Enculés. (Pas le karak, avec un -S- à enculés, les mecs qui ont fait ça).
J'en clique de frissons sur mon Kodac 6/10ème, angle 3-4-12 à infrarouge pour une 2 ème et me prouver que je ne rêve pas!
LE KARAK, LE CHIEN, PA WOUÈT
Hop! Une douche, un pantalon anti-mousquitôsses, un tee-shirt Green Day ( celui avec la grenade) et, en route.: ce soir je suis de sortie.
Pa Wouèt organise un combat de Muay thaie dans son Bled.
Pa Wouèt, pouêt-pouêt, c'est l'oboto, ou omoto d'un village pas loin de chez moi. J'ai toujours pas pigé en fait, ce que cela voulait dire. Chef de village, député, maire, premier ministre ou, ou quoi, d'ailleurs?
Y doit en croquer comme les autres mais, il fait quand même du bon boulot dans sa circoncision.
Scription...
Il a refait la route qui va vers la nationale avec, quand même un petit blème : la route est défoncée, seulement devant chez lui, devant sa maison!
Putain! J'm'en pose des questions dans ce pays : pourquoi la route est naze qu'ici?
Pis, il est fan de boxe thaie, comme tous les autochtones.
Il organise des combats. Ensuite, après déductions des frais, de SES frais, il met tout dans l'école : les momes ne payent pas les fournitures et il leur organise des petits voyages éducatifs.
Il est quand même cool.
Pa Wouèt veut que je donne les récompenses aux vainqueurs de combats...
En invité exceptionnel, en VIP, en star du rock !
Bon, en vrai, j'l'ai déjà fait pour lui. On m'connait dans un rayon de cinquante bornes. Je leur fais toujours mon sketch quand je suis sur scène, sur le ring !
J'déconnes, je danse, je gueule, je pète et rote, j'mua lam, j'embrasse tout ce qui me passe à portée de lèvres, j'met la main au cul à Pa Wouèt.
Bref! Les iissaans sont bon public. Ils se la donnent. Ils ont un talok ( un spectacle d'humour thai) en rab et à l'oeil.
21h00.
Je roule et j'arrive au village.
Pas de barrage de keufs assis en train de tisaner le lao kao que Pa Wouèt leur offre à chaque fois...
Pas de voiture, pas de moto...
Pas de lumière ni de leur musique mua lam à fond la caisse...
J'arrive à l'école où est généralement installé le ring, les boutiques de bouffe, de tisane, de sandwichs turcs et le raton-laveur.
Rien!
Nuit noire et calme plat...
Je jette un oeil, on ne sait jamais, à la lune : elle est pas pleine, c'est le premier quartier.
Ça craint moinsse!
Je me suis planté de date ou d'horaire.
Je suis déjà un peu chaud, j'vais pas me laisser abattre, j'vais faire un tour à Ubon. Demi tour, à moi les néons de la grande ville.
J'appelle des pôtes :
Vichien est au pieu avec sa dulcinée en train de mater un film...
Jacklit est toujours dans le plâtre, Somchai est encore en réunion à l'université.
Pierrot, Pierre. franco-anglais, prof justement d'anglais, grand fêtard devant l'éternel, baiseur infatigable, tisaneur comme un polak et... pipeau de première :
-Je dors, je suis très fatigué, je bosse trop...
Ok! Les mecs!
J'vais m'la donner seul-tout. Allez vous faire mettre !
Je roule sur la " ring road". Le périph' d'Ubon. Un p'tit 80 km/h, je suis pas pressé.
Comme par hasard, sur une portion de route sans néon, malgré les pleins phares, un chien traverse !
Plac! J'l'ai marave!
Pas eu le temps de freiner, de le voir. D'où y sortait ce con?
Y pouvait pas rester chez lui à mater un sitcom idiot thai? Y pouvait pas être au troquet à se souler la gueule au lao kao avec ses potes ?
Merde, pourquoi moi?
Je fais demi-tour. Pas pour l'emmener chez l'véto, non! Pour le finir...
Vu la gamelle qu'il s'est pris dans la tronche, il doit être au paradis des clebs. Sinon, je vais pas le laisser souffrir.
Je le vois allongé sur le bitume, je vise, Sclach! Je lui écrase la teuté.
Re demi tour. Un ôt' p'tit coup et j'le termine d'une marche arrière.
Je sors, je vérifie, il a cané.
Je le tire par la queue et le jette dans le fossé.
Une prière et je repars...
Plus vraiment envie de faire la teuf. Au premier truc ouvert, je bois une bibinne à la mémoire de Toutou et je rentre.
Cent mètres plus loin, une placarde allumée, pub coca-cola, écrit en noich. Ils doivent servir de la bière.
Je tourne à gauche, direction les lumières du resto.
Putain de merde! C'est pas possible!
Un KARAK, un KARAOKÉ!
C'est vraiment pas mon jour.
Y'a rien de pire en Thailande que les karaks iissaans!
Une cabane en bambou, de la zique de merde à fond, des mecs bourrés qui chantent faux, de la bouffe de merde. la totale!
Tant pis, j'me risque...
Je me gare devant, c'est assez pourri : les bambous ont une couleur jaunâtre, le toit de chaume a des trous, les poubelles sont éventrées devant la porte du boui-boui, un néons sur deux, voir trois marche, les guirlandes de noel clignote en rythme avec la soupe poussée au volume maximun.
Dans le rétro, je vois deux gonzesses sortir en se marrant.
Elles se plantent derrière ma caisse, elles flippent ;
-Farang-farang!
Elles sont ébahies de voir un étranger daigner se poser devant leur bouge!
Je sors de ma voiture et leur balance :
- Pènne iyang, pousao? ( kèski y'a, les meufs?).
Le sourire leur revient sur la tronche, elles rigolent :
-Farang wao lao!!! ( l'étranger , y cause nôt' dialecte).
Aussi sec elles m'encadrent, une à gauche une à droite.
Ça va mieux, j'suis une star montant les escaliers à Cannes, avec deux superbes pouliches accrochées à mes bras.
Mon cul!
Approchant de la lumière, je retombe sur mes pattes.
Celle de droite a au moins soixante piges!
Elle a un point noir dans son sourire. C'est pas un diam's, c'est un trou! Elle est sapée de chez Tati. Un jean pourave, une chemise frou-frou marron-caca, qui laisse entrevoir un profond décolleté, une paire de pompes blanches à semelles compensées, d'au moins dix cms.
À ma gauche , Ginette. Elle a un visage agréable, la quarantaine. Toute de noir vétue, escarpins (quand même!), jaunes (laisse tomber !). Petit blême aussi, elle a un cul difforme qui lui tombe sur le dérrière des genoux. Un bougla serait aux anges!
Le temps d'arriver à l'intérieur, elles me proposent la botte.
-Ok! Combien les deux?
Re-rigolade, elles y croient.
. La jeunette me place un bisou dans le cou, l'édentée me met la main aux burnes et farfouille.
Les présentations étant faites, je met ma main sur le cul de la Cendrillon des karaks ( les escarpins! Cendrillon!), une autre sur un sein de Mamy.
Pas de chance , Mamy : ses dents, ses pompes et...pas de sein!
En entrant, je jette un oeil.
Tout est normal. Pour un karak iissaan : pénombre assurée, tables rachitiques en bambou, la boite à karaoké de toutes les couleurs est en train de vociférer :"pousao-sao, bo mi-bo-mi".
À droite, en entrant,une table est occupée. Deux mecs dont un qui est en train de cuver la gueule dans son assiette. L'autre tchatche avec une meuf qui me semble un peu boulotte.
Une fifille est en face de la tv en train de chanter dans le micro.
On s'installe, Ginette à mon côté, Mamy poco en face.
Non, j'mange pas ! Ok, une liio ( Leo pour les connaisseurs, une bière thaie).
Mamy fait le service pendant que Ginette attaque. Main sur ma cuisse qui remonte au sguègue et commence le massage... Bisous dans le cou, son autre main passe sous Green Day et me pelotte un sein.
En servant, Mamy vérifie que le farang a une plus grosse bite que le thai.
M'en fout, bande même pas.
On picole, je raconte mes conneries usuelles : j'habite à Chang Mek( 60 bornes d'ici), je dresse les chiens pour l'armée thaie ( y-z- ont peur des keufs mais, encore plus de l'armée, petite assurance), je suis pas marié et j'ai pas de thune, pas trop.
Je raconte l'histoire du clebs, que je suis triste , que j'ai besoin du bière et... d'amour!
Je suis mal barré.
Tout en lichant MA bibinne, elles me demandent une chanson :
-C'est combien?
Mamy:
-Vingt bahts.
L'arnaque commence.
Je lui donne une pièce de dix, lui dit qu'elle en mette 5 dans sa fouille et 5 dans l'juk'box. Je connais les tarifs, mes potes m'ont déjà trainé dans ce genre de merde.
Ginette insiste lourdement.
Son parfum à dix bahts et ses massages commencent à me faire de l'effet. Pour la forme, je demande combien?
-Mille bahts la passe, deux cent la chambre!
Elle se prend pour Madonna!
Je recommande une bière et lui montre que je n'ai que neuf cent bahts.J'ai planqué le reste...
Au fait, combien la bière?
Mamy, m'annonce cent quarante, se reprend me dit :
-Deux cent quatre vingt dix bahts!
-Mae ma kin doué bo? (ta mère est venue boire avec nous?).
Je lui donne deux cent, démerdes-toi et rhabille les orphelins.
Après deux bières, il me restera, officieusement cinq cent.
Je propose royal à Cendrillon-Ginette la botte à cinq biftons.
Elle est surprise mais, je suis le seul client potable du bouge. Mais, elle peut pas : la chambre à deux cent, cent pour le boss, elle va pas tirer pour deux cent!
Pas grave , que j'lui dit, on l'fait dans ma voiture, en plus :
-T'as des capotes?
Mamy passant dans le coin, CG ( Cendrillon-Ginette), rigolarde lui dit :
-On est tombées sur un beau farang : Il veut niquer dans sa voiture, pour 500 bahts et il a pas de capote!
Ni une ni deux, Mamy se penche par dessus CG, essaie de me rouler une pelle en me chopant les couilles et me crie:
-Moi! Moi!
Arrive alors les trois autres meufs du karak qui viennent aux nouvelles.
La boulotte a laché ses ivrognes. Elle est pas boulotte, c'est un hippopotame!
Une autre, joli corps, mini-jupe en jean, débardeur blanc et grosse poitrine, se penche vers moi : elle a la gueule, la pauvre, d'une guenon.
Véridique!
Sans les poils!
Grande gueule, menton avancé, grande oreilles, nez éclaté, la classe!
La dernière s'assoie en face de moi. Grosse paire de miches, petite bouche rouge à lèvres, yeux tristes , la coupe à Mireille Darc et voix masculine. Un trav'.
Manque plus qu'une naine de 50 cms passe sous la table, m'ouvre la braguette, me turlutte et je me retrouve dans le Karak freaks-show.
Je demande à CG pourquoi un trav' a plus de sein qu'elles?
Elle me prie de vérifier, je lui met la main au sein, à Mireille, pouêt-pouêt Pa Wouèt, c'est tout mou.
Du coton qu'elle me dit, CG.
Mireille parle un peu l'anglais, elle me demande d'où je viens.
-Belgium.
Devant mes fans, elle me dit que je ment car, la Belgium, ça n'existe pas!
-Ok! Obama, tu connais?
-C'est où ce pays?... Je connais, la Thailande, le Laos, la Burma, le viet mais pas le Oumama!
À ce moment arrive une moto. Elles filent à l'accueil, je me retrouve avec le travelot et CG. Qui n'arrête pas de mater dehors.
Je pige quand Mamy arrive et lui dit qu'il y a un mec qui veut la voir. Avant de se casser, elle me roule une pelle.
-Oh! Et moi?
-Demain, peut-être.
Mireille me tiens compagnie, j'ai bientôt plus de tisane dans mon verre.
Elle parle, lentement, comme une vielle folle :
-Tu connais Pattaya? Phuket? Je vais y aller travailler, je vais surement trouver un farang riche-qui va tomber amoureux de moi-qui va me payer mon opèration-qui va me marier-qui va me ramener chez lui et on aura beaucoup d'en...
Ma bière est finie, j'ai un coup dans l'nez et j'en ai plein l'cul.
Je paye, je sors ,démarre, fenêtre ouverte. J'entend CG qui me crie ;
-Farang, bo leum, meu eu (Mon bel étranger avec une grosse bite, oublie pas: à demain!).
T'as raison!
Je retiens quand même l'adresse... On ne sait jamais.
Une pulsion sexuelle, animale et suicidaire, je reviens dans le KARAK de l'enfer et j'me les tapes toutes :
Mamy l'édentée, Cheetah, L'Hippopotamus, Mireille l'ouatée et la Miss Monde des bas-fonds...
Bon courage, les filles; adieu, le chien et toi, Pa Wouèet, la prochaine fois que tu m'invites à un tournoi de Muay thai, je prend une RTT...
Bientôt les teufs, les fêtes de fin d'années.
Culture? Des petits contes de Noel.
Merde, de Joel!
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