Je sors de chez Sak.
Un inondé.
Sak...
Un putain de sa mère de keum que même sa maman elle a eu peur de le renier!
Même le diable, il en veut pas.
Pourtant, ce con, c'est mon pote, je crois que ... je l'aime. Il a toujours le sourire. Dans les moments les plus difficiles, il se marre. Remarque, avec se qu'il se fout dans la gueule...
Ben là, je reviens donc de chez lui. Il a le sourire triste, vide.Même Pi Daeng, sa meuf de toujours, sa supportrice, pas de foot, de galère depuis toutes ces années, elle le rictus thai en berne. Elle se marre pas.
Poliment, sawad'di, 1/10ème de secondes de sourire, c'est marre. Me les casse pas, Ducon!
Elle fonce à la caisse du narvaloh avec son sac que je croyais, pôv'naze, que je leur ai demandé : tu ramènes les poubelles?
-Non, c'est des Mamas pour les mômes...
Des Mamas. Joli nom pour les soupes en sachets lyophilisés, de la daube en boite comme les Bolinos...
Bolino-bolino.
Pi Daeng, c'est comme Gigi une cuistôte d'enfer. Elle te fais de la bouffe que tu goutes, t'es mort.
Là, dans un sac poubelle, elle ramène ses Mamas à ses petits enfants. Z'enfants, y'a la liaison.
Sak, il est mèg'. Comme un cure-dent. Même en sortant du placard à racailles, il était plus... Redondant.
Mais là-bas, j'lui fais confiance pour se démerder.
J'ai mon houah djaille ( mon coeur) qui va faire une virée dans mes talons, en passant par mon slip, sortie trou du cul. J'ai, putain de fils de putes d'enfoirés de bâtards de merde, un sanglot qui me garrotte la veine du cou.
Je sais, y'a pas que lui, y'a tout un pays.
Mais, Sakounette, c'est mon pote, mon frère, il est costaud, pas comme Thiep, notre autre pote qu'a crevé du sida. Sak, il est toujours là!
Amaigri mais, là!
Mais pas.
Pas là...
Chu comme un gros con de farang, étranger, le keum qu'ils croient tous blindé d'oseille, l'alien. , le gadjo avec des idées impies, un petit cerveau iconoclaste qu'ils arrivent pas à piger.
Mais non! Pas l'abruti qui fait des blogs ou des forums pour s'extasier devant la force, la solidarité de ce peuple souriant de gogols dont les meufs sucent si bien...
J'ai des putains de boules! Comment peut-on, pour quelques raisons que ce soit mettre à genoux tous ces gens? Et Sak? Ma vieille crevure de chauffeur de taxi à Pattaya qu'on restait bloqué au feu rouge car, on croyait que le feu, rouge, c'était des étoiles filantes?
Entre celui qui est devenu un gros connard de bizness man de mes deux et Sak, il me reste que 2 potes de ma vie d'avant.
Tous, tous les autres ont crevé.
J'ai sorti le seul bifton de mille bahts que j'avais en fouille, plus les 200 et quelques que je garde en cas de galère, ou de pipe surprise et je lui ai donné.Les mille bahts.
Il en a pas voulu.
J'lui ai dit:
-Back Sak, c'est pour ...
-Ao bo?
-Moitié avec ta meuf, le reste, t'en fais ce que tu veux.
Comment peut-on faire ça à Sak?
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire